Voyage vers Mars : les radiations, un 'problème majeur' pour la NASA
Le périple vers Mars est semé d'embûches. Les radiations spatiales constantes augmentent les risques de cancer et provoquent des lésions permanentes du système nerveux central, un défi majeur pour les astronautes.
Envoyer des humains sur Mars : les défis majeurs
Le voyage vers Mars est long et dangereux. Les astronautes sont constamment exposés au rayonnement spatial, une menace sérieuse. Cela augmente les risques de cancer. Cela entraîne également des dommages permanents au système nerveux central. Le Programme de recherche humaine de la NASA considère le rayonnement comme un problème majeur pour tout voyage dans l’espace lointain. L’immense distance jusqu’à Mars implique une exposition prolongée. Ceci contraste avec les séjours plus courts à bord de la Station spatiale internationale.
L’humanité a envoyé des robots sur Mars depuis 1964. La sonde Mariner 4 de la NASA fut la première. Des orbiteurs, des atterrisseurs et des rovers ont exploré la planète depuis lors. Aujourd’hui, des agences comme la NASA et l’Agence spatiale européenne (ESA) prévoient d’envoyer des humains d’ici les années 2030. Des entreprises privées, dont SpaceX, prévoient également des missions humaines. Ces voyages impliquent de passer au moins deux ans loin de la Terre.
Mars orbite à 140 millions de miles de la Terre. Cette distance représente un voyage aller simple de sept à neuf mois. Le temps de trajet dépend de la position des planètes sur leurs orbites. Les équipages devront opérer en autonomie pendant des mois. Les communications avec la Terre subissent d’importants délais.
Rayonnement et solitude : des défis majeurs
Le rayonnement de l’espace lointain menace les explorateurs martiens. Les rayons cosmiques galactiques (GCRs) proviennent de l’extérieur de notre système solaire. Ces particules de haute énergie frappent constamment les vaisseaux spatiaux. Elles traversent les blindages. Le Dr Frank Cucinotta, ancien expert en rayonnement de la NASA, affirme que les GCRs endommagent l’ADN et les cellules. Ces dommages entraînent des cancers, des cataractes et des maladies cérébrales.
Les événements de particules solaires (SPEs) constituent une autre source majeure de rayonnement. Le Soleil éjecte des protons de haute énergie lors des éruptions solaires et des éjections de masse coronale. Ces événements se produisent sans avertissement. Les SPEs peuvent administrer des doses de radiation létales en quelques heures. Les astronautes sur la Lune pendant un SPE subiraient une maladie aiguë des radiations. Le champ magnétique et l’atmosphère de la Terre nous protègent des GCRs et des SPEs.
Une mission martienne expose les astronautes à beaucoup plus de radiations que sur Terre ou en orbite terrestre basse. Le blindage actuel des vaisseaux spatiaux offre peu de protection contre les GCRs. Ces particules sont simplement trop énergétiques. Le Dr Cucinotta affirme qu’un blindage efficace contre les GCRs nécessiterait des matériaux d’une épaisseur et d’un poids irréalisables. Ce poids engendre des coûts de lancement énormes.
Une éruption solaire massive se produit depuis le Soleil, souvent accompagnée d'une éjection de masse coronale (CME). Ces événements puissants libèrent des protons de haute énergie qui provoquent des événements à particules solaires (SPEs), posant une menace de rayonnement létale pour les astronautes lors de missions dans l'espace lointain vers Mars, bien au-delà du champ magnétique protecteur de la Terre. (Source : space.com)
L’exposition à long terme aux GCRs peut nuire aux fonctions cérébrales. Des études montrent qu’elle peut entraîner une perte de mémoire et une altération des capacités de décision. Le Dr C. Mark Ott, scientifique du Programme de recherche humaine de la NASA, souligne ces risques cérébraux. Les astronautes doivent effectuer des tâches complexes sous pression. Des capacités de réflexion altérées mettraient en péril la mission et la sécurité de l’équipage. Le rayonnement affaiblit également le système immunitaire, rendant les astronautes plus vulnérables aux maladies.
L’isolement et le confinement prolongés mettent également à l’épreuve la santé mentale. Une mission martienne implique des années passées loin de la Terre, de la famille et de tout ce qui leur est familier. Les membres de l’équipage vivent dans des espaces exigus sans intimité. Le Dr Jack Stuster, un expert en santé comportementale travaillant pour la NASA, affirme que les conflits peuvent s’aggraver. Des études sur les expéditions antarctiques et les équipages de sous-marins révèlent des facteurs de stress similaires.
Les délais de communication avec la Terre peuvent atteindre 22 minutes pour un aller simple. Cela rend impossible la résolution de problèmes en temps réel avec le contrôle au sol. Les astronautes doivent compter sur leur formation et leur esprit d’équipe. Cette indépendance crée un énorme stress mental pour l’équipage. Le soutien en santé mentale et une sélection rigoureuse de l’équipage sont vitaux. Même avec un entraînement poussé, la durée et la distance sans précédent de ces missions demeurent des obstacles majeurs.
Le corps humain dans l’espace lointain
La microgravité provoque d’importants changements corporels. Les astronautes perdent de la densité osseuse à un rythme de 1 % à 1,5 % par mois. C’est similaire à l’ostéoporose sur Terre. Le Dr Susan Bailey, experte en rayonnement à l’Université d’État du Colorado, décrit cette perte osseuse rapide. Elle affaiblit les os et augmente le risque de fracture.
Les muscles s’atrophient également sans la traction constante de la gravité. Les astronautes doivent suivre des programmes d’exercices quotidiens intenses. Ces exercices sont essentiels pour maintenir la masse musculaire et la force. Même avec l’exercice, une certaine dégradation musculaire se produit. Le Dr Michael Barratt, astronaute et médecin de la NASA, note qu’il est difficile de rester en pleine forme physique. Cela affecte la capacité d’un astronaute à effectuer des tâches ardues sur Mars.
Le système cardiovasculaire change en microgravité. Le cœur est moins sollicité pour pomper le sang. Cela conduit à un muscle cardiaque plus faible. De retour en gravité, les astronautes développent une intolérance orthostatique. Cela se manifeste par des vertiges et des évanouissements. Cela pourrait gravement nuire aux opérations immédiates lors de l’atterrissage sur Mars ou sur Terre.
Le syndrome neuro-oculaire associé au vol spatial (SANS) affecte la vision des astronautes. Jusqu’à 70 % des astronautes lors de missions de longue durée développent le SANS. Il implique un gonflement du nerf optique et un aplatissement du globe oculaire. Le Dr C. Robert Gibson, expert de la NASA, étudie les causes du SANS. Les mécanismes exacts ne sont pas encore entièrement compris. Cela pourrait être lié à des déplacements de fluides dans la tête.
Le syndrome neuro-oculaire associé au vol spatial (SANS) affecte jusqu'à 70 % des astronautes lors de missions de longue durée, provoquant un gonflement du nerf optique et un aplatissement du globe oculaire. Cette condition peut entraîner des changements de vision persistants, posant un défi significatif pour la santé de l'équipage et le succès de la mission lors des voyages vers Mars. (Source : nasa.gov)
Ces défis corporels nécessitent des solutions robustes. L’équipement d’exercice occupe un espace et une énergie précieux. Des suppléments nutritionnels et des médicaments sont à l’étude. La gravité artificielle reste un objectif à long terme. Elle résoudrait de nombreux problèmes de santé induits par la microgravité. Actuellement, aucun système de gravité artificielle pratique n’existe pour les missions dans l’espace lointain.
Mettre au point un système de soins médicaux efficace pour une mission martienne est vital. Les astronautes devront être formés à des compétences médicales de pointe. Ils doivent emporter une gamme complète d’équipement médical. Cela inclut des outils chirurgicaux et des dispositifs de diagnostic. La télémédecine avec la Terre est limitée par les délais de communication. Les urgences médicales à bord exigent une action immédiate et autonome.
Établir les infrastructures vitales pour Mars
Les fusées chimiques actuelles sont trop lentes et inefficaces pour les voyages réguliers vers Mars. Un voyage aller simple prend des mois. Ce long délai aggrave l’exposition aux radiations et la détérioration physique. Selon l’architecture de référence de la NASA pour les missions martiennes, une propulsion plus avancée est nécessaire. Des temps de trajet plus rapides réduisent les risques de mission.
La propulsion nucléaire thermique offre une réponse possible. Elle utilise la fission nucléaire pour chauffer le carburant à hydrogène. Cela génère une vitesse d’éjection des gaz bien supérieure à celle des fusées chimiques. Un tel système pourrait réduire les temps de trajet de plusieurs mois. La construction et les essais de fusées nucléaires thermiques posent d’importants défis d’ingénierie. Les préoccupations de sécurité doivent également être abordées.
Les systèmes de propulsion électrique, tels que le moteur magnétoplasmique à impulsion spécifique variable (VASIMR), semblent également prometteurs. Le Dr Franklin Chang Díaz, PDG d’Ad Astra Rocket Company, soutient la technologie VASIMR. Elle utilise des champs électromagnétiques pour chauffer et accélérer le plasma. Le VASIMR pourrait réduire considérablement la masse de carburant. Cependant, il nécessite beaucoup d’énergie. Il produit également moins de poussée que les fusées chimiques. Cela le rend inadapté pour s’extraire initialement de la gravité terrestre.
L’atterrissage de charges utiles lourdes sur Mars est extrêmement difficile. Mars a une atmosphère très fine, environ 1 % de celle de la Terre. Cet air est trop fin pour un bon freinage aérodynamique. Pourtant, il est suffisamment épais pour provoquer une traînée et une chaleur importantes. Les “sept minutes de terreur” décrivent la descente automatisée complexe pour les missions robotiques. Les missions humaines nécessitent des atterrisseurs beaucoup plus grands, transportant plus de masse et de volume.
L’utilisation des ressources in situ (ISRU) est essentielle pour une exploration martienne durable. La production de ressources sur Mars réduit la masse que nous lançons depuis la Terre. Cela inclut l’oxygène pour respirer et le carburant de fusée. L’expérience MOXIE sur le rover Perseverance montre que cela fonctionne. Le Dr Michael Hecht, chercheur principal de MOXIE au MIT, a confirmé son succès. MOXIE transforme le dioxyde de carbone martien en oxygène.
L'expérience MOXIE (Mars Oxygen In-Situ Resource Utilization Experiment) sur le rover Perseverance de la NASA a démontré avec succès la capacité à convertir le dioxyde de carbone martien en oxygène respirable. Cette technologie révolutionnaire est vitale pour les futures missions humaines, permettant la production de carburant de fusée et de support de vie directement sur Mars. (Source : mynews13.com)
La glace d’eau sur Mars est une autre ressource clé. Nous pouvons la diviser pour produire de l’hydrogène et de l’oxygène. Ces composants peuvent ensuite devenir du carburant de fusée. La construction de systèmes ISRU fiables et autonomes pour les missions humaines de longue durée est un problème d’ingénierie majeur. Ces systèmes doivent fonctionner pendant des années dans des conditions martiennes difficiles. Cela inclut des températures extrêmes et des tempêtes de poussière.
Les systèmes de support de vie pour une mission martienne doivent être presque autonomes. Les systèmes actuels de la Station spatiale internationale dépendent du réapprovisionnement depuis la Terre. Une mission martienne nécessite des systèmes en boucle fermée. Ces systèmes recyclent l’eau, l’air et les déchets avec une perte minimale. La fiabilité et la longue durée de vie de systèmes aussi complexes sont primordiales. Si un élément clé tombe en panne, cela pourrait être catastrophique.
Surface de Mars : survie et voyage de retour
Mars est un endroit inhospitalier pour la vie humaine. La température moyenne à la surface de la planète est d’environ -63 °C (-81 °F). Les températures peuvent varier de -100 °C (-148 °F) aux pôles. Elles peuvent atteindre 20 °C (68 °F) à l’équateur. Cela nécessite des habitats robustes capables de supporter d’énormes variations de température. Ces habitats doivent protéger les astronautes des éléments.
Mars manque de champ magnétique global et d’atmosphère épaisse. Cela laisse sa surface exposée à des niveaux élevés de rayonnement solaire et galactique. Les astronautes recevront des doses de rayonnement beaucoup plus élevées à la surface que sur Terre. Des abris, gonflables ou construits à partir de la poussière martienne, seront nécessaires. Ces abris doivent fournir un bon blindage contre les radiations.
La poussière martienne est un problème répandu et redoutable. La poussière est fine, abrasive et électriquement chargée. Elle colle à tout. Cela encrasse l’équipement et les habitats. Le Dr Bruce Banerdt, chercheur principal de la mission InSight de la NASA, a souligné l’impact de la poussière. Elle dégrade les panneaux solaires, bloque les mécanismes et peut nuire à la santé en cas d’inhalation. Les tempêtes de poussière globales peuvent couvrir la planète pendant des mois.
Le voyage de retour depuis Mars nécessite un véhicule d’ascension séparé. Ce véhicule devra être assemblé ou acheminé sur la surface martienne. Ensuite, il a besoin de carburant pour le voyage de retour vers la Terre. L’ISRU pourrait produire du propergol pour ce voyage de retour. Ce processus rend la mission beaucoup plus complexe. Il augmente également les risques de défaillance.
La poussière martienne, fine, abrasive et électriquement chargée, pose une menace significative pour l'équipement et la santé des astronautes, dégradant les panneaux solaires et bloquant les mécanismes. Les tempêtes de poussière globales peuvent envelopper la planète entière pendant des mois, compliquant davantage les missions. (Source : jpl.nasa.gov)
Les enjeux de contamination s’étendent à Mars et à la Terre. Des règles strictes de protection planétaire sont essentielles. Les astronautes revenant de Mars seraient probablement mis en quarantaine. Cela empêche tout germe martien de contaminer la biosphère terrestre. L’équipage d’Apollo 11 a subi une quarantaine de 21 jours après sa mission lunaire. Une règle similaire, voire plus stricte, serait appliquée pour Mars.
La collaboration internationale et l’innovation privée sont vitales pour résoudre ces défis. Aucune nation ou entreprise ne possède toutes les ressources nécessaires. Une mission humaine sur Mars nécessite un partenariat mondial. Les technologies développées pour Mars nous aideront également sur Terre. Ce projet repousse les limites humaines et montre ce que nous pouvons accomplir.
FAQ
Combien de temps prendrait un voyage vers Mars ? Un voyage aller simple prend entre sept et neuf mois. Cela dépend de l’alignement orbital de la Terre et de Mars. L’ensemble du voyage aller-retour, y compris le temps passé sur Mars, prendrait au moins deux ans.
Quels sont les plus grands risques pour la santé des astronautes voyageant vers Mars ? Les plus grands risques pour la santé sont le rayonnement spatial élevé et les effets de la microgravité. L’exposition aux radiations augmente le risque de cancer. Elle peut également endommager le système nerveux central. La microgravité provoque une perte osseuse, une atrophie musculaire et des problèmes de vision.
Pouvons-nous créer une gravité artificielle pour résoudre ces problèmes ? La gravité artificielle pourrait résoudre de nombreux problèmes de santé liés à la microgravité. Actuellement, nous ne disposons pas de système pratique pour les missions dans l’espace lointain. Cela nécessiterait de grands vaisseaux spatiaux rotatifs, complexes à construire et à lancer.
Combien coûterait une mission sur Mars ? Les estimations pour une mission humaine sur Mars varient de centaines de milliards à des milliers de milliards de dollars. Le coût exact dépend du plan de mission, de la technologie et des partenaires internationaux.
Que se passe-t-il ensuite pour l’exploration de Mars ? Les futures missions robotiques continueront d’explorer les sites d’atterrissage et de tester les technologies ISRU. Les agences et les entreprises développent des systèmes de propulsion avancés et des blindages contre les radiations. Ces étapes rendent les missions humaines possibles.
Après leur mission historique sur la Lune, l'équipage d'Apollo 11 — Neil Armstrong, Buzz Aldrin et Michael Collins — a subi une quarantaine de 21 jours dans l'installation de quarantaine mobile (MQF) pour empêcher tout pathogène lunaire potentiel de contaminer la Terre, un protocole qui serait probablement encore plus strict pour les astronautes revenant de Mars. (Source : cnn.com)
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