La Réserve fédérale marque une pause : les banques centrales à la croisée des chemins
Après la pause de la Réserve fédérale en décembre, les principales banques centrales mondiales sont confrontées à un choix délicat. Elles doivent désormais naviguer entre la lutte contre l'inflation et la nécessité de soutenir la croissance économique.
L’économie mondiale : inflation et taux élevés
La Réserve fédérale a marqué une pause en décembre 2023, maintenant son taux directeur entre 5,25 % et 5,50 %. Cette pause faisait suite à onze hausses successives depuis mars 2022. Désormais, les banques centrales du monde entier sont confrontées à un choix difficile. Elles doivent lutter contre l’inflation sans étouffer la croissance économique.
Parmi les principales banques centrales figurent la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque d’Angleterre (BoE). La Banque populaire de Chine (PBOC) a ses propres problèmes économiques. Elles utilisent des outils comme les taux d’intérêt et l’assouplissement ou le resserrement quantitatif. Leurs décisions modifient les coûts d’emprunt et l’investissement.
La bataille des banques centrales contre l’inflation
L’inflation mondiale a bondi après la pandémie de COVID-19 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Les perturbations des chaînes d’approvisionnement et la flambée des prix de l’énergie ont joué un rôle majeur. L’inflation des prix à la consommation aux États-Unis a atteint un pic de 9,1 % en juin 2022, selon le Bureau des statistiques du travail. Il s’agissait d’un record en quatre décennies.
Les banques centrales ont réagi en augmentant rapidement les taux d’intérêt. L’objectif était de refroidir la demande et d’atteindre un objectif d’inflation, généralement autour de 2 %. Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, s’est exprimé en novembre 2023. Il a déclaré que la Fed était « prête à resserrer davantage sa politique si cela s’avérait approprié ». Il a promis d’atteindre un objectif d’inflation de 2 %.
La Banque centrale européenne a également relevé ses taux. Le taux des opérations principales de refinancement de la BCE a atteint 4,50 % en septembre 2023. Il s’agissait de son niveau le plus élevé depuis la création de l’euro. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a affirmé en octobre 2023 que les taux resteraient « suffisamment restrictifs aussi longtemps que nécessaire ». La Banque d’Angleterre a également relevé son taux directeur. Il a atteint 5,25 % en août 2023.
Ces hausses de taux rendent l’emprunt plus coûteux pour les consommateurs et les entreprises. Cela ralentit l’activité économique. Cela réduit la demande de biens et de services. Une demande plus faible contribue à ralentir la hausse des prix. Cette stratégie vise un « atterrissage en douceur », où l’inflation diminue sans récession sévère.
Divergences économiques régionales
Les performances économiques varient selon les grandes régions du monde. L’économie des États-Unis a surpris tout le monde par sa vigueur. Le PIB réel a augmenté à un taux annualisé de 4,9 % au troisième trimestre 2023, a rapporté le Département du Commerce. Une forte consommation des ménages et des investissements des entreprises ont alimenté cette croissance.
Le président de la Réserve fédérale Jerome Powell a été une figure centrale dans la lutte mondiale contre l'inflation, dirigeant la banque centrale américaine à travers une série de hausses historiques des taux d'intérêt et réaffirmant l'engagement de la Fed à atteindre son objectif d'inflation de 2 %. (Source : brookings.edu)
L’inflation américaine a considérablement ralenti depuis son pic. L’Indice des prix à la consommation (IPC) s’élevait à 3,1 % en glissement annuel en novembre 2023. Ce chiffre est en baisse par rapport aux 4,0 % enregistrés en mai. Les économistes de Goldman Sachs, dirigés par Jan Hatzius, prévoient un atterrissage en douceur pour l’économie américaine en 2024. Ils s’attendent à une désinflation continue.
La situation de la zone euro semble plus délicate. La croissance du PIB était stable à 0,0 % au troisième trimestre 2023, selon les données d’Eurostat. Les prix élevés de l’énergie et des conditions financières plus restrictives ont nui à la production industrielle. Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance de la zone euro de seulement 0,7 % pour 2024. Il s’agit d’une révision à la baisse par rapport aux prévisions antérieures.
L’inflation dans la zone euro a également diminué. L’Indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) a atteint 2,4 % en novembre 2023. Ce chiffre se rapproche de l’objectif de 2 % de la BCE. L’inflation sous-jacente, qui exclut les prix volatils des aliments et de l’énergie, reste élevée. Cela montre que les prix sont toujours sous pression.
L’économie de la Chine a de profonds problèmes. Son marché immobilier est en difficulté, et la consommation des ménages est atone. Cela freine la croissance. La Banque populaire de Chine (PBOC) a assoupli sa politique. Elle a réduit ses taux préférentiels de prêt en 2023. Cette approche contraste avec celle des autres pays, qui ont resserré leur politique monétaire. Le PIB de la Chine a augmenté de 5,2 % en 2023, selon le Bureau national des statistiques. Ce chiffre restait inférieur aux niveaux de tendance d’avant la pandémie.
L’économie du Royaume-Uni a également connu des difficultés. L’inflation a persisté plus longtemps que dans d’autres grandes économies. La Banque d’Angleterre a initialement relevé ses taux plus lentement. L’inflation de l’IPC britannique était de 3,9 % en novembre 2023. L’Office for Budget Responsibility prévoit une croissance du PIB britannique de 0,6 % en 2024. Cela témoigne des difficultés persistantes engendrées par les taux d’intérêt élevés.
Le marché du travail reste solide
Malgré des hausses de taux agressives, les marchés du travail mondiaux sont restés étonnamment solides. Le taux de chômage américain s’élevait à 3,7 % en novembre 2023. Il s’agit d’un niveau proche de son plus bas en 50 ans, selon le Bureau des statistiques du travail. Une forte création d’emplois s’est poursuivie tout au long de l’année. La croissance des salaires, bien que ralentie, demeure robuste.
Ce marché du travail tendu crée un problème pour les banques centrales. Une forte croissance des salaires peut alimenter l’inflation. Les travailleurs ont plus de revenu disponible. Les entreprises répercutent les coûts de main-d’œuvre plus élevés sur les consommateurs. Les responsables de la Réserve fédérale surveillent de près les données salariales. Ils recherchent des signes de surchauffe.
Le marché immobilier chinois en difficulté, illustré par de vastes développements inachevés et des « villes fantômes », est devenu un frein important à la croissance économique du pays, affectant la confiance des consommateurs et les investissements. Cette crise a suscité de vives inquiétudes quant à la stabilité de l'économie mondiale. (Source : loveproperty.com)
Le taux de chômage de la zone euro a atteint un niveau record de 6,5 % en octobre 2023. Cela montre une forte demande de travailleurs, même si l’économie stagne. La Banque d’Angleterre a constaté un marché du travail tendu au Royaume-Uni. Cela a contribué à maintenir les prix des services élevés. Un niveau d’emploi élevé soutient généralement la consommation des ménages. Il prévient des ralentissements économiques plus profonds.
Un marché du travail solide rend également la lutte contre l’inflation plus difficile. Cela suggère que la demande reste forte. Cela oblige les banques centrales à maintenir les taux élevés plus longtemps. Certains économistes, comme le lauréat du prix Nobel Paul Krugman, soutiennent que l’inflation récente était tirée par l’offre. Ils estiment que la solidité du marché du travail est moins préoccupante. Les banquiers centraux s’inquiètent souvent des spirales salaires-prix.
Ce qui attend l’économie
Les perspectives économiques mondiales pour 2024 sont marquées par l’incertitude. Les banques centrales ont un difficile exercice d’équilibre. Elles doivent continuer à lutter contre l’inflation. Elles doivent également éviter de provoquer une récession profonde. Le FMI prévoit un ralentissement de la croissance mondiale à 2,9 % en 2024. Ce chiffre est en baisse par rapport aux 3,0 % enregistrés en 2023.
Un « atterrissage en douceur » reste le principal espoir pour de nombreuses économies. Cela signifie que l’inflation atteint son objectif sans provoquer de nombreuses pertes d’emplois. Les prévisions de la Réserve fédérale en décembre 2023 ont laissé entrevoir trois baisses de taux en 2024. Cela signifie qu’elles pourraient assouplir leur politique. De telles mesures dépendraient d’une désinflation continue.
Mais des risques subsistent. Les tensions géopolitiques, en particulier en Europe de l’Est et au Moyen-Orient, pourraient perturber les chaînes d’approvisionnement. De nouveaux chocs sur les prix de l’énergie pourraient relancer l’inflation. Les marchés monétaires sont également confrontés à des risques, surtout avec autant de dette publique et privée. Christine Lagarde, présidente de la BCE, a mis en garde contre le « risque de fragmentation » sur les marchés mondiaux.
Les banques centrales agiront probablement avec prudence. Elles suivront les données. Elles surveilleront de près l’inflation, l’emploi et les salaires. Une économie stable et une croissance forte ne sont pas acquises. Les banquiers centraux continuent de surveiller la situation de près.
Questions fréquemment posées
Quel est l’objectif principal de la politique monétaire ? L’objectif principal de la politique monétaire est de maintenir la stabilité des prix. Cela implique généralement de maintenir l’inflation à un taux bas et stable, souvent autour de 2 %. Les banques centrales visent également le plein emploi.
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, a mis en garde contre le « risque de fragmentation » sur les marchés mondiaux. Elle est la première femme à diriger la BCE, supervisant la politique monétaire de la zone euro. (Source : theguardian.com)
Comment les hausses de taux d’intérêt affectent-elles l’économie ? Les hausses de taux d’intérêt rendent l’emprunt plus coûteux pour les entreprises et les consommateurs. Cela réduit les dépenses et les investissements. Cela ralentit l’activité économique, contribuant ainsi à refroidir la demande et à réduire l’inflation.
Qu’est-ce qu’un « atterrissage en douceur » en économie ? Un atterrissage en douceur se produit lorsqu’une banque centrale réduit l’inflation grâce à ses politiques. Elle le fait sans provoquer de récession profonde ou de nombreuses pertes d’emplois.
Pourquoi le marché du travail est-il important pour l’inflation ? Un marché du travail solide peut faire grimper l’inflation en raison de salaires plus élevés. Les entreprises peuvent répercuter ces coûts plus élevés sur les clients par des prix plus élevés. Cela crée une spirale salaires-prix potentielle.
La Banque d'Angleterre, souvent surnommée « The Old Lady of Threadneedle Street », est la banque centrale du Royaume-Uni. Elle joue un rôle essentiel dans la définition de la politique monétaire, y compris les taux d'intérêt, pour gérer l'inflation et maintenir la stabilité financière. (Source : gettyimages.ca)
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